Un réseau européen de fact checkers citoyens, who's in ?

Crédit visuel : arthobbit
Faisant suite au scandale Cambridge Analytica et ses péripéties, la Commissaire européenne à l’Economie numérique Mariya Gabriel a, ce jeudi, exhorté les réseaux sociaux à devenir « des acteurs responsables » et à élaborer un code de bonnes pratiques pour lutter contre la désinformation.
Elle a également fait écho aux conclusions d’un groupe de travail (dont de nombreux médias européens faisaient partie) qui s’est notamment penché les dangers de la désinformation. Ce dernier a évoqué la possibilité de créer un réseau indépendant de vérificateurs de faits.
Pour ce faire, d’après le communiqué, il se baserait sur un réseau européen déjà existant émanant de Poynter, une association professionnelle de journalistes ayant précisément établi son réseau de fact checkers ayant développé son code de bonne conduite.
Là où je trouve l’idée intéressante, je m’interroge également sur le fait d’institutionnaliser cette fonction de fact checking. En effet, selon moi, comme dans toutes problématiques sociétales : mobilité, gestion des déchets, égalités des chances,… l’implication citoyenne est un facteur de succès essentiel.
Dans la dernière enquête Eurobaromètre, 83 % des personnes interrogées déclaraient que les fausses informations représentaient un danger pour la démocratie. Ça fait un paquet de personnes qui pourraient se mobiliser pour être beaucoup plus actifs contre la désinformation.
Outre l’éducation aux médias et la stimulation de l’esprit critique qui revient systématiquement parmi les pistes permettant de lutter – certes sur le long terme – contre les fake news et la désinformation, il me semble intéressant de stimuler une forme d’activisme numérique chez les citoyens permettant de s’engager d’une part ne relayer que des informations doublement vérifiées et d’autre part dénoncer les contenus relevant de la désinformation.
Dans le dernier Trust Barometer d’Edelman, on pouvait observer un nouveau déclin dans la confiance des citoyens envers les institutions (les médias notamment). Par contre, les citoyens réaffirmaient leur confiance envers les individus (notamment les journalistes). Une tendance qui m’encourage à penser qu’il est important que nous puissions – entre citoyens –  identifier de manière un peu plus formelle des sources d’informations fiables.
Comment faire ? Très bonne question ? Revenir à une forme d’indice, type Klout qui permettrait d’identifier les personnes crédibles ? Un logo affiché sur votre photo de profil, genre « les fake news, non merci » démontrant son engagement ? Ou une forme de blockchain, qui permettrait de valider entre citoyens la fiabilité des contenu partagés ? On en voit bien émerger comme SteemIt qui viennent récompenser les émetteurs de contenus ayant partagé des contenus jugés les plus pertinents par la communauté ?
Un rôle pour les plateformes ?
Cet activisme citoyen doit-il se faire avec l’aide des plateformes ? Probablement, étant donné qu’elles font – et leurs modes de fonctionnement – ont fait partie de problème… Alors est-ce que de la même manière que Google favorise les contenus émanant de sources fiables, peut-être qu’une certaine forme d’élément de légitimité et de crédibilité pourrait être intégré dans les algorithmes des réseaux sociaux.
A lire également sur le sujet : ss’attaquer à la désinformation à l’ère des réseaux sociaux par Ricardo Gutierrez
 
 

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